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Se soigner quand on est exilé : droits et lieux de soins

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Se soigner quand on est exilé : droits et lieux de soins

Arriver en France après un parcours d’exil, c’est souvent porter des problèmes de santé laissés de côté pendant des mois : douleurs, maladies chroniques non suivies, fatigue, blessures, épreuves psychologiques. Le système de santé français prévoit plusieurs dispositifs pour que chacun puisse être soigné, y compris sans couverture maladie ouverte. Les règles sont toutefois complexes et ont été modifiées à plusieurs reprises, encore en 2026 pour l’aide médicale de l’État. Ce guide donne des repères généraux ; il ne remplace ni un avis médical, ni l’information officielle de l’Assurance maladie.

En cas d’urgence

En cas de danger immédiat pour la santé, il ne faut pas attendre que les droits soient ouverts. Les urgences des hôpitaux publics accueillent toute personne.

NuméroPour quoi
15SAMU : urgence médicale
112Numéro d’urgence européen, joignable depuis n’importe quel téléphone
114Urgences par SMS, pour les personnes sourdes, malentendantes ou ne pouvant pas parler
3114Numéro national de prévention du suicide, 24 heures sur 24
115Hébergement d’urgence et aide aux personnes sans abri

Ces appels sont gratuits.

Les PASS : se faire soigner sans couverture maladie

Les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) existent dans de nombreux hôpitaux publics. Elles accueillent les personnes qui n’ont pas de couverture maladie, ou une couverture incomplète, et leur permettent :

  • de consulter un médecin, parfois un dentiste ou un spécialiste ;
  • d’obtenir les examens et les médicaments nécessaires ;
  • de rencontrer un assistant social qui aide à ouvrir les droits.

Le CHU de Bordeaux compte plusieurs PASS, notamment aux hôpitaux Saint-André et Pellegrin, ainsi que des PASS dédiées aux soins dentaires, aux enfants et à la maternité ; d’autres hôpitaux de la Gironde en disposent aussi. Pour connaître le lieu exact et les horaires, le plus sûr est de se renseigner à l’accueil de l’hôpital ou sur le site officiel du CHU de Bordeaux. Des associations de santé proposent aussi des consultations gratuites dans la métropole.

Les demandeurs d’asile et l’Assurance maladie

Les demandeurs d’asile relèvent de la protection universelle maladie (PUMa), qui prend en charge les frais de santé comme pour les autres assurés. Depuis 2020, les adultes doivent toutefois attendre un délai de trois mois de présence en France avant l’ouverture de ce droit, selon ameli.fr.

Pendant ces trois mois :

  • les soins urgents sont pris en charge à l’hôpital, notamment lorsque le pronostic vital est en jeu ou pour éviter la propagation d’une maladie ;
  • les soins liés à la grossesse et aux nouveau-nés sont couverts ;
  • les enfants mineurs ne sont pas soumis à ce délai.

Après ce délai, la demande se fait auprès de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du lieu de domiciliation, avec l’attestation de demande d’asile. Selon les ressources, la complémentaire santé solidaire (CSS) peut être demandée en même temps : elle couvre la part non remboursée par l’Assurance maladie et évite l’avance de frais dans la plupart des cas.

Les personnes protégées

Une fois le statut de réfugié ou la protection subsidiaire accordé, la personne reste couverte par la PUMa, comme tout résident en situation régulière. La complémentaire santé solidaire reste accessible sous conditions de ressources. Il est utile de signaler à la CPAM le changement de situation et la nouvelle carte de séjour.

L’aide médicale de l’État

Les personnes en situation irrégulière peuvent, sous conditions, bénéficier de l’aide médicale de l’État (AME). Elle suppose en principe une résidence en France depuis plus de trois mois et des ressources inférieures à un plafond. Deux décrets du 6 février 2026 ont modifié la procédure : l’un met à jour la liste des justificatifs demandés, notamment pour l’identité et la résidence, l’autre encadre la consultation des données des demandeurs et des bénéficiaires. Les plafonds sont revalorisés chaque année. Avant de déposer un dossier, vérifiez la liste des pièces à jour sur ameli.fr ou auprès de la PASS, qui peut aider à le constituer.

Être compris : l’interprétariat

Se faire comprendre est essentiel pour un diagnostic juste et un consentement éclairé. Les hôpitaux et certains centres de santé peuvent faire appel à un interprète professionnel, sur place ou par téléphone. Il est possible de le demander. Le recours à un enfant comme interprète est à éviter, pour des raisons de confidentialité et pour le protéger. Le personnel soignant est tenu au secret médical.

La santé mentale

L’exil s’accompagne souvent de troubles du sommeil, d’anxiété, de souvenirs envahissants ou d’un épuisement profond. Ces réactions sont fréquentes après des violences ou des pertes, et elles peuvent se soigner.

  • Les centres médico-psychologiques (CMP) proposent des consultations publiques gratuites, organisées par secteur géographique.
  • Certaines associations et équipes hospitalières sont spécialisées dans l’accompagnement des personnes exilées et du psychotraumatisme.
  • Le 3114 répond en cas de pensées suicidaires, pour la personne concernée comme pour son entourage.

Le médecin de la PASS ou le médecin traitant peut orienter vers la structure adaptée.

Quelques repères pratiques

  • Conserver une copie de ses documents de santé : ordonnances, comptes rendus, carnet de vaccination.
  • Déclarer un médecin traitant dès que les droits sont ouverts, pour un meilleur remboursement.
  • Garder la preuve de dépôt des demandes à la CPAM.
  • Pour les démarches liées à la procédure d’asile, voir les étapes de la demande d’asile ; pour l’hébergement, voir l’hébergement d’urgence à Bordeaux.

Les informations officielles sur la santé des personnes étrangères sont regroupées sur service-public.gouv.fr et ameli.fr.

Cet article donne des informations générales, à jour à la date de publication. Il ne constitue pas un avis médical ni un conseil juridique.

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