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Accueillir une personne réfugiée chez soi : le cadre à connaître

Hébergement citoyen : principes, programmes associatifs existants, cadre et questions à se poser avant d'accueillir une personne réfugiée chez soi.

Accueillir une personne réfugiée chez soi : le cadre à connaître

Ouvrir sa porte à une personne réfugiée pendant quelques semaines ou quelques mois : c’est ce qu’on appelle l’hébergement citoyen. Cette forme d’accueil permet à une personne qui a obtenu une protection de disposer d’un toit stable le temps de construire son projet, et à l’hôte de vivre une expérience de rencontre souvent marquante. Mais accueillir quelqu’un chez soi est un engagement sérieux, qui gagne à être encadré. Voici les principes, les dispositifs existants et les questions à se poser avant de se lancer.

Le principe de l’hébergement citoyen

L’hébergement citoyen consiste à mettre à disposition, gratuitement, une chambre ou un espace dans son logement, pour une durée définie. Il ne remplace pas les dispositifs publics d’hébergement, mais vient en complément, notamment pour des personnes qui ont obtenu le statut de réfugié et doivent quitter un centre d’hébergement sans avoir encore trouvé de logement.

L’objectif est d’offrir une période de stabilité pour :

  • poursuivre l’apprentissage du français ;
  • chercher un emploi ou une formation ;
  • accéder à un logement autonome ;
  • tisser des liens dans la ville d’accueil.

L’accueil est en principe temporaire : il s’agit d’un tremplin vers l’autonomie, pas d’une solution définitive.

Des programmes associatifs encadrés

En France, plusieurs associations organisent l’hébergement citoyen à l’échelle nationale ou locale. À titre d’exemples publics :

  • J’accueille, programme initié par l’association SINGA (anciennement « Comme à la maison »), devenu une association à part entière, met en relation des hôtes et des personnes réfugiées et assure un suivi pendant la cohabitation ;
  • Réfugiés Bienvenue organise également l’hébergement solidaire de personnes réfugiées et demandeuses d’asile chez des particuliers.

D’autres associations locales proposent des dispositifs comparables, parfois sous forme de réseaux de familles d’accueil. Leur présence sur le territoire varie : renseignez-vous sur les programmes actifs en Gironde au moment de votre démarche.

Ces structures jouent un rôle essentiel :

Rôle de l’associationPourquoi c’est important
Rencontre préalable avec l’hôteVérifier la motivation, les conditions d’accueil, les attentes
Mise en relation réfléchieTenir compte des besoins, des habitudes et des projets de chacun
Charte ou convention d’accueilPoser clairement la durée, les règles de vie et les engagements
Suivi pendant la cohabitationPrévenir les malentendus, intervenir en cas de difficulté
Lien avec les travailleurs sociauxAssurer la continuité de l’accompagnement de la personne accueillie

Pourquoi ne pas improviser seul

Accueillir une personne sans cadre, à la suite d’un appel sur les réseaux sociaux par exemple, expose à des difficultés pour l’hôte comme pour la personne hébergée : attentes mal comprises, absence de date de fin, dépendance, tensions difficiles à résoudre, perte de l’accompagnement social. La personne accueillie se trouve dans une situation de vulnérabilité, et l’hôte peut se sentir démuni face à des questions administratives, de santé ou de souffrance psychique.

Passer par une association permet de bénéficier de son expérience, d’un médiateur en cas de difficulté et d’un réseau de professionnels. Si vous êtes sollicité directement par une personne qui n’a pas de solution, orientez-la vers le 115 et les services d’accueil compétents, présentés dans notre article hébergement d’urgence à Bordeaux.

Le cadre à connaître

Quelques points d’attention, à vérifier avec l’association et les sources officielles :

  • Le statut de la personne : la plupart des programmes accueillent des personnes ayant obtenu une protection internationale. Notre article protection internationale : les statuts explique les différences entre réfugié, protection subsidiaire et apatride.
  • La gratuité : l’hébergement citoyen est en principe gratuit. Une éventuelle participation aux frais doit être clairement définie dans la convention, et ne pas transformer l’accueil en location.
  • Votre logement : si vous êtes locataire, vérifiez ce que prévoit votre bail ; prévenez votre assureur habitation.
  • Vos aides éventuelles : héberger quelqu’un peut avoir des effets sur certaines prestations. Renseignez-vous auprès des organismes concernés avant de vous engager.
  • La domiciliation : la question de l’adresse administrative de la personne accueillie doit être réglée avec l’association et ses travailleurs sociaux.

Pour les règles générales, service-public.gouv.fr est la référence. Les informations sur la protection internationale figurent sur le site de l’Ofpra.

Les questions à se poser

Avant de proposer votre candidature, prenez le temps d’y réfléchir, seul ou en famille :

  1. Ai-je une chambre ou un espace qui garantit un minimum d’intimité à la personne accueillie ?
  2. Tous les membres du foyer sont-ils d’accord et prêts à partager leur quotidien ?
  3. Combien de temps suis-je prêt à accueillir, et suis-je capable de m’y tenir ?
  4. Quelles règles de vie me paraissent indispensables (horaires, cuisine, visites, tâches partagées) ?
  5. Suis-je prêt à accepter des différences d’habitudes, de langue et de culture ?
  6. Comment réagirai-je si la cohabitation est plus difficile que prévu ?
  7. Ai-je compris que mon rôle est d’héberger et d’accueillir, pas de remplacer les professionnels de l’accompagnement ?

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse : l’important est d’être lucide sur ce que vous pouvez offrir.

D’autres façons d’aider

Si l’hébergement n’est pas possible pour vous, il existe de nombreuses autres manières de soutenir les personnes réfugiées : donner des cours de français, accompagner dans les démarches, partager un repas, aider à la recherche de logement ou d’emploi. Notre article devenir bénévole à Bordeaux présente ces différentes missions.

En résumé

L’hébergement citoyen est une démarche généreuse et utile, à condition d’être pensée et encadrée. Passez par une association expérimentée, clarifiez la durée et les règles dès le départ, et gardez à l’esprit que l’accueil vise l’autonomie de la personne. C’est ainsi que l’expérience a le plus de chances d’être positive pour chacun.

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